Techniques de dépannage

Les défaillances des composants

Après avoir étudié les divers types de composants électroniques, un petit rappel sur la façon dont un composant peut tomber en panne. On peut considérer qu’un composant est défectueux lorsque l’une de ses caractéristiques sort de ses tolérances spécifiques. Les avaries qui nous intéressent ici sont les défaillances brutales et totales d’un ou plusieurs composants. Par exemple, une résistance devenant infinie ou tombant à zéro, ou une diode en court-circuit. 

De tels défauts conduisent en règle générale à des modifications de tensions continue et des dysfonctionnements relevés sur le circuit. En principe un type donné de composant tombe en panne d’une manière bien définie. Par exemple une résistance devenue infinie ou diode en court-circuit, conduisant à l’effondrement des performances et à des modifications des tensions relevées sur le circuit.

Dans ce module 10, nous examinerons la façon dont un composant électronique tombe en panne, c’est-à-dire les mécanismes physiques et électriques qui conduisent à sa dégradation ou à sa destruction, et non son taux de défaillance exprimé de manière statistique. Le tableau D.1 de la figure ci-dessous énumère les pannes les plus probables pour divers types de composants électroniques.

Tableau D.1 défaillances des Composants 

Composant Panne courante
Résistance Valeurs très grandes ou nulles.
Résistance variable Rupture ou contact intermittent résultant d’une fatigue mécanique.
Condensateur Court-circuit ou circuit ouvert.
Inductance et transformateurs Circuit ouvert. Court-circuit inter-spires. Court-circuit à la carcasse (type à noyau).
Semi-conducteurs : Diodes, transistors FET, redresseurs Circuit ouvert ou court-circuit entre bornes.

Les techniques de dépannage des circuits électroniques

La première étape du dépannage consiste à adopter une méthode structurée. Il est indispensable d’identifier les symptômes, de comprendre le fonctionnement global du circuit et de formuler des hypothèses sur l’origine de la panne. Cette approche évite les interventions inutiles et permet de cibler rapidement la zone défectueuse. Alors pour diagnostiquer efficacement les pannes sur les équipements électroniques, on utilise un certain nombre de techniques standard voici donc les principales techniques de diagnostic ci-dessous :

1. L’observation visuelle

L’observation visuelle est une étape essentielle du dépannage. Elle permet souvent de détecter rapidement des anomalies telles que des composants brûlés, des condensateurs gonflés, des pistes coupées ou des soudures défectueuses. Cette étape simple peut parfois permettre de localiser immédiatement la panne sans effectuer de mesures. Il est important d’inspecter soigneusement l’ensemble du circuit, en prêtant attention aux zones sensibles comme les alimentations, les composants de puissance et les connecteurs. Une bonne observation permet de gagner un temps précieux dans le diagnostic.

2. Les mesures électriques

Les mesures électriques constituent l’outil principal du dépannage. À l’aide d’un multimètre, il est possible de vérifier les tensions, les résistances et les continuités. Ces mesures permettent de comparer les valeurs relevées avec les valeurs attendues et d’identifier les anomalies. Il est essentiel de savoir où mesurer et comment interpréter les résultats. Une tension absente, trop faible ou trop élevée peut indiquer une panne dans un étage du circuit. Une bonne maîtrise du multimètre est donc indispensable pour un dépannage efficace.

3. La méthode de localisation de panne

La localisation de panne consiste à isoler progressivement la zone défectueuse. Pour cela, le circuit est analysé par blocs fonctionnels. Chaque bloc est testé afin de déterminer s’il fonctionne correctement. Cette méthode permet de réduire la zone de recherche et d’identifier plus rapidement l’origine du problème. Cette approche est particulièrement efficace sur les circuits complexes, où il est difficile d’identifier directement la panne. En procédant par étapes, le technicien peut localiser précisément le défaut.

4. La méthode de substitution

La méthode de substitution consiste à remplacer un composant suspect par un composant fonctionnel équivalent. Si le circuit fonctionne correctement après remplacement, cela confirme que le composant initial était défectueux. Cette technique est simple et efficace, mais elle doit être utilisée avec précaution afin d’éviter d’endommager d’autres éléments du circuit.

5. La méthode de comparaison

Cette méthode consiste à comparer les mesures d’un circuit défectueux avec celles d’un circuit identique en bon état de fonctionnement. Les différences observées permettent d’identifier rapidement la zone de panne. Cette technique est très utilisée en maintenance professionnelle.

6. Analyse des symptômes

Chaque panne présente des symptômes spécifiques. Un appareil qui ne s’allume pas, qui chauffe anormalement ou qui fonctionne de manière intermittente donne des indications précieuses sur l’origine du problème. L’analyse des symptômes permet d’orienter le diagnostic et de gagner du temps.


7. Recherche de panne dans un circuit électronique

Toute la science du dépannage repose sur le schéma de la figure D2. Nous allons y définir quelques principes fondamentaux. La majorité des défaillances que vous rencontrerez sur un circuit en panne se retrouveront sur ce schéma simplifié. La plupart des composants représentés dans ce montage ont été installés, testés, mesurés et volontairement soumis à différentes avaries. Il est donc indispensable que le lecteur réalise lui aussi ces essais afin d’assimiler la théorie par la pratique.

Figure D.2 shéma simplifié.

Dans ce circuit, une alimentation fournie une tension continue de 10 volts celui-ci est composée d’un pont diviseur constitué de deux résistances en séries R1 et R2 de 100 kΩ. Le TP (test point : terme que l'on retrouver généralement  dans les schémas de téléviseur comme point test). Si comme c’est le cas ici, R1 et R2 sont égales et que le condensateur est parfait, la tension de sortie (TP) est de 5 V toujours par rapport à la masse.

Si par exemple les valeurs des résistances sont inégales, alors la tension du point test sera dans le rapport des résistances. Le choix de la valeur élevée des résistances n’est pas anodin. Nous allons considérer que le circuit suivant possède une résistance d’entrée infinie et ne joue aucun rôle de charge sur le circuit de base donc cela n’aura pas d’influence sur la tension de TP.

Le montage comporte toute une série d’indications sur lesquelles nous y reviendrons ultérieurement puissance des résistances, tension d’isolement des condensateurs, la position des composants sur Le PCB (ou Printed Circuit Board ou circuit imprimé en français) et particulièrement des signaux et tensions que l’on peut mesurer dans les conditions normales de fonctionnement de l’appareil, sur ce circuit les tensions d’alimentation (10V) et TP (5V) sont les points de mesures de référence en cas dysfonctionnement.

Dans ce module N°10 consacré aux techniques de dépannage, vous passez du domaine théorique à une approche concrète et opérationnelle. Vous apprendrez à raisonner à partir d’un circuit universel, à contrôler méthodiquement les composants, à vérifier le fonctionnement des différentes fonctions électroniques, à analyser efficacement toute panne et à établir un diagnostic fiable en prenant seulement deux mesures.

Toute la difficulté du dépannage réside dans la capacité à interpréter avec précision les tensions mesurées et à en déduire les causes réelles d’un dysfonctionnement. Une tension absente, insuffisante, excessive ou instable constitue un indicateur immédiat d’anomalie : résistance coupée, condensateur défectueux, surcharge ou encore court-circuit. La maîtrise de ce schéma de référence vous permettra d’acquérir une méthode de diagnostic à la fois rigoureuse, logique et reproductible, applicable sur la grande majorité des circuits électroniques.


Cette première partie vous a permis de comprendre qu’un simple point de test peut révéler l’état global d’un circuit. Une alimentation absente, un composant défectueux ou une surcharge se détectent rapidement dès lors que l’on maîtrise les bases de la mesure et de l’analyse logique.

 La seconde partie , vous fait entrer de plein pied dans la pratique en étudiant des défauts plus complexes, des comportements instables et des situations réelles rencontrées en dépannage électronique. Vous apprendrez à affiner votre raisonnement, à localiser plus précisément les anomalies et à intervenir avec méthode sur des circuits.